Les Joyeux Pataugas au goût bulgare…

« Les Joyeux Pataugas dans les Rhodopes, préparez-vous à tout !!! »
Franchement, ils auraient dû se méfier, nos Joyeux Pataugas

Car dans le langage très codé du flyer annonçant le séjour, « préparez-vous à tout » ne signifie pas toujours : « quelques surprises sympathiques entre deux randonnées ». Non ! ! ! «Tout », ici, a révélé un abonnement illimité aux conditions météorologiques sur le thème : comment passer des quatre saisons sur une semaine sans quitter ses chaussures de marche.

Tout a commencé de manière… humide. Une pluie fine, persistante, presque affectueuse, comme si Sofia avait décidé de tester la résistance morale et l’étanchéité textile des intrépides Joyeux Pataugas dès leur arrivée.

Puis, sans prévenir, parce que ce serait trop simple, la pluie s’est transformée en neige à l’approche de Pamporovo. Oui, de la neige, beaucoup de neige même ! ! ! Comme ça ! En toute décontraction. Parce que finalement, pourquoi choisir entre randonnée de printemps et expédition hivernale quand on peut faire les deux dans la même journée ?

Et alors que certains commençaient à envisager sérieusement la transformation du séjour en tournoi acharné de petits chevaux, avec stratégies douteuses et vengeances silencieuses à la clé, le décor a fini par muter en plein après-midi. Place à un spectacle grandiose : la fonte des neiges… sous un soleil d’azur ! ! ! Une sorte de transition dramatique entre deux actes, comme si la montagne elle-même tournait les pages de l’épisode hivernal !!!

Un soleil éclatant, généreux, presque insolent, baigne alors les Rhodopes d’un azur éclatant. Le genre de lumière qui vous fait oublier vos chaussettes trempées d’antan, vos gants gelés, votre bout de nez tout rouge et surtout vos doutes existentiels.

Bref, le flyer ne mentait pas.
Les Joyeux Pataugas ont été prêts à tout… et ils ont tout eu.

Ce récit en est la preuve vivante : une aventure où même la météo a décidé de participer au goût bulgare !!!

JOUR  1 : Beauvais — Sofia, 970 à 1025 MN (Milles Nautiques) à vol d’oiseau ! ! !

Le lundi 20 avril 2026 s’annonce comme une date à encadrer, à souligner, à raconter encore et encore chez Les Joyeux Pataugas. Savez-vous que 14 d’entre eux s’envolent pour la Bulgarie ? Imaginez le mélange d’excitation et d’appréhension qui règne en l’aéroport de Beauvais. Au milieu de cette effervescence, Ralitsa, locale de l’étape à venir, rayonne déjà comme une ambassadrice officieuse, prête à traduire autant les mots que les coutumes…

L’embarquement pour le vol de 19  h  20 avec Wizz prend des allures de rituel initiatique.

On y remarque particulièrement Laurence, intrépide cavalière au regard franc, qui semble ne pas vaciller à cette première sur une selle volante. Habituée aux martingales, bricoles et croupières, elle découvre les subtilités de la fameuse ceinture ventrale, tout en paraissant chercher, par réflexe, des rênes qui n’existent pas !!!

Non loin, François-Noël, doyen respectable et respecté, mais désormais nettement moins rassuré, quitte toute velléité de calme pour entrer dans une forme de léthargie intensément préoccupée. Assis bien droit, les mains posées avec une rigidité quasi solennelle sur ses genoux, il se fige comme une statue en pleine introspection aérienne. La tête renversée en arrière, les yeux fermés, il plonge dans une concentration presque dramatique.

Le décollage se fait dans un mélange de rires, de crispations discrètes et d’exclamations contenues. Puis, très vite, l’altitude fit son œuvre. Les conversations s’étirent, les regards se perdent…

À 23  h  10, Sofia accueille la joyeuse troupe avec une ponctualité quasiment irréprochable. À peine les pieds posés sur le sol bulgare que la mécanique de l’organisation locale se met en place. Georgi, guide au sourire absent, et Bogoslov, chauffeur à l’allure rustre, sont là, un brin surpris de l’exubérance presque indisciplinée des Joyeux Pataugas. Mais Ralitsa veille, effleure les touches de la traduction et transforme la prise en charge des Joyeux Pataugas en véritable concert dont elle est la cheffe d’orchestre.

Le cap est mis sur le premier refuge bulgare des Joyeux Pataugas : l’hôtel « Vithosha Tulip». Alors, défilent doucement les rues d’un Sofia inconnu, baignées dans une lumière nocturne…

La journée a été longue, riche, déjà pleine d’histoires.

Lorsque enfin les chambres accueillent leurs occupants, un silence complice s’installe, celui des aventures qui commencent…

Les Joyeux Pataugas sont arrivés. La Bulgarie peut se tenir prête…

Franck

Jour 2 : La Cascade et l’Eglise de Boyana et cap sur Plovdiv

Réveil tambouriné par la pluie bulgare ce mardi 21 avril à Sofia : un ciel décidé à tester la motivation de nos Joyeux Pataugas. Le petit déjeuner, lui, a pris des airs de manifeste local : fromages, pains rustiques et saveurs balkaniques, loin des croissants et des baguettes. Une légère crispation des habitudes, plus ou moins vite balayée par l’objectif du séjour : découvrir, s’adapter… et accessoirement survivre sans beurre demi-sel.

Ce matin, nos Joyeux Pataugas vont randonner. Normal, me direz-vous  ! ! ! Mais, là, ce matin, c’est avec la version bulgare « rinçage intégral ». Qu’importe, Les Joyeux Pataugas& nbsp;n’ont pas pour habitude de reculer devant un ciel pleurnichard. Après, comme le dit l’expression bien ringarde et franchouillarde  : « s’ils ont signé, c’est pour en chier », même si là, ils ont davantage payé que signé, mais bon, on ne va pas commencer à jouer sur les mots ! ! ! Les voilà donc, gapettes « INFO POINT » vissées sur le ciboulot, sous la houlette de Georgi, guide stoïque et probablement imperméable de naissance, prêts à s’élancer vers l’une des fiertés naturelles des environs : la cascade de Boyana. Direction les contreforts du mont Vitosha, un massif qui veille sur Sofia comme un vieux tsar bienveillant. Depuis des siècles, le mont Vitosha est le terrain de jeu des habitants de la capitale bulgare, été comme hiver ! ! !

Mais, avant d’admirer, il faut mériter. Et, là, surprise : ça grimpe et bien sûr, ça mouille ! ! ! Les mollets grondent, les chaussures couinent, le rimmel s’échappe en coulées tragiques, mais au cœur de ce déluge, la chevelure bleue de Mabé, souveraine et indomptable, tient bon ! ! ! Et, surtout, point de mutinerie : l’esprit Joyeux Pataugas lui aussi tient bon, oscillant entre bravoure et « qu’est-ce que je fous là ».

Et, soudain, ou du moins enfin, la voilà, la cascade de Boyana. Dix-huit mètres de chute, d’eau dopée par la pluie du jour, un véritable rideau liquide qui propose une standing ovation à des Joyeux Pataugas rincés. Même si le spectacle est grandiose… la météo, elle, ne négocie pas. Impossible à nos Joyeux Pataugas de s’attarder : alors ils contemplent furtivement l’œil mouillé, s’émerveillent ruisselants… tout en pensant qu’il est temps de filer ! Enfin, pas sans respecter le rituel sacré du groupe, une photo héroïque, bien sûr, immortalisant l’instant, étendard « Info Point » fièrement brandi ! ! ! D’ailleurs il serait peut-être temps que nos Joyeux Pataugas confectionnent leur propre étendard, rien qu’à eux, histoire de montrer au monde entier via les réseaux sociaux qu’ils ne sont pas de simples promeneurs âgés et détrempés… mais de véritables et intrépides guerriers sans frontière.

En attendant, il est grand temps pour Les Joyeux Patugas d’amorcer la descente et de retrouver Bogoslov et son minibus pour un premier essorage ! ! !

Allez go !!!

Franck

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Si Les Joyeux Pataugas réussissent, tant bien que mal, à s’essorer à l’intérieur du minibus, leur arrivée au restaurant « The School  2 » est une véritable procession de serpillères ambulantes en quête de pré-séchage. Certaines dégoulinent encore, certains gouttent et que d’autres clapotent. Puis survient la première épreuve : la carte. Entièrement en cyrillique ! ! ! Enfin… presque. Une traduction en langue de Shakespeare tend bien la main à certains, mais pas à tous ! ! ! Heureusement, quelques images de plats viennent à la rescousse de nos Joyeux Pataugas, comme des balises dans une mer gastronomique.

Et, c’est alors qu’ELLE apparaît ! ! !

Ralitsa !!!

Non pas simplement Ralitsa… mais Sœur Ralitsa. Protectrice des ventres affamés, guide spirituelle des estomacs perdus, phare lumineux des menus obscurs et imprononçables. Là où les autres voient une carte de menu, elle voit une mission. Là où Les Joyeux Patuagas hésitent, elle tranche. Là où leurs palais tremblent, elle rassure. Une réincarnation de Mère Teresa… certes moins tournée vers le salut des âmes mais davantage version culinaire. Elle veille, elle conseille, elle oriente… son sacerdoce pendant 7  jours  ! ! ! Grâce à elle, le chaos devient repas. L’inconnu devient festin. Et, les serpillères ambulantes retrouvent peu à peu leur dignité…

C’est donc revigorés et… essorés que nos Joyeux Pataugas quittent le restaurant et prennent à pied la direction de l’Église de Boyana, lovée un peu plus loin dans un petit parc enveloppé d’arbres. L’accès est strict : neuf visiteurs à la fois, dix minutes seulement ! ! ! Une discipline inhabituelle chez nos Joyeux Pataugas à laquelle ils se plient malgré tout ! ! !
À l’intérieur, le choc esthétique est immédiat. Les fresques de 1259, issues de l’École de peinture de Turnovo, captent très vite toute leur attention. Les visages, étonnamment vivants, semblent observer les visiteurs avec une acuité troublante. Les Joyeux Pataugas, d’ordinaire peu intimidés, se retrouvent momentanément figés, comme si ces regards anciens les évaluaient. Mieux vaut pour eux donc de se tenir à carreau ! ! !
Les figures des donateurs, Desislava et Kaloyan, imposent une présence presque contemporaine et les couleurs profondes, bleu, rouge, ocre, enveloppent les scènes d’une richesse inattendue, tandis que les représentations de Saint Nicolas et Saint Panteleimon confirment l’importance artistique du lieu, inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO depuis 1979.
Le temps, fidèle à la règle, s’écoule avec une rapidité frustrante. À peine acclimatés à cette immersion, Les Joyeux Pataugas quittent les lieux, retrouvant à l’extérieur leurs habitudes plus expansives en regagnant le minibus ! ! !

Puis le cap est mis sur Plovdiv, second refuge bulgare des Joyeux Pataugas, à plus ou moins 160  km… mais sur 4  roues ! ! ! C’est là, précisément au « Skyler Guest House », en plein centre-ville, que la troupe prend ses quartiers pour une nuit et que Sylvie et Franck y reprennent un rôle quasi parental face à deux grandes filles, Ralitsa et Laurence, aux tempéraments contrastés.

La soirée s’achève pour la fine équipe au restaurant « Le 19ᵉ&nb sp;siècle », autour d’une nouvelle exploration culinaire bulgare, traduite bien sûr par Sœur Ralitsa. Les plats déroutants et accueillants rivalisent avec une hospitalité locale mesurée, presque tendue, laissant aux Joyeux Pataugas le soin d’interpréter chaque sourire, ou plutôt leur absence, comme une énigme culturelle.
Ainsi se conclut cette première journée : entre diverses eaux, grimpettes, chef-d’œuvre médiéval d’Europe de l’Est et adaptation aux subtilités locales.

Franck

JOUR 3 : Plovdiv, le sentier de Struilitsa et le débarquement à Pamporovo

Réveil des Joyeux Pataugas au très vintage « Skyler Guest House ». Vintage au point qu’on s’attend quasiment à voir surgir un tourne-disque, une télévision cathodique et Richard Anthony en fond sonore, mais sans entendre siffler le train. Tout est charmant, patiné, délicieusement rétro… sauf un détail  : pas de petit déjeuner  ! ! !

Oui. Rien. Nada. Pas même une biscotte soviétique abandonnée dans un coin. Heureusement, la terrible nouvelle est tombée la veille au soir  !  !  ! Imaginez le traumatisme effervescent des Joyeux Pataugas s’ils l’avaient su au lever du lit  !  !  ! Les voilà donc, propres comme des sous neufs, parfaitement lavés, sans chaussons, et l’estomac vide, qui partent en quête de nourriture dans les rues humides de Plovdiv. Et oui, il pleut encore  !!!

Leur salut arrive auprès d’un établissement nommé « El Greco ». Enfin… “salut” est un grand mot. Imaginez un croisement improbable entre les enseignes bien connues « Starbucks » et « Paul », mais mode balkanique où des Joyeux Pataugas déboulent à 14, la faim au ventre comme pour tester la solidité psychologique du personnel. Mais, heureusement, Sœur Ralitsa est là  ! ! !

Et, puis… le temps s’étire.

Longtemps.

Très longtemps.

Le service prend une dimension abstraite… Quant aux brioches commandées… elles sont arrivées tard. Très tard. Trop tard. Cependant, quelle robustesse ! Ces désirées à pâte levée accompagneront la troupe jusqu’à Pamporovo, voire peut-être même jusqu’au dernier refuge de Kardzhali. Une chose est sûre : les brioches bulgares se conservent très bien  !  !  !

C’est donc mi-rassasiés, mais totalement motivés, que Les Joyeux Pataugas partent enfin à la découverte de Plovdiv, deuxième ville de Bulgarie.

Et, là, oubliez Rome, Athènes. Plovdiv est l’une des plus anciennes villes du monde encore habitées. Rien que ça. Fondée par les Thraces sous le nom d’Eumolpias, conquise ensuite par Philippe II de Macédoine qui la rebaptise Philippopolis, devenue Trimontium chez les Romains, la ville s’étale sur six collines… ou sept selon l’humeur locale et le nombre de verres de rakia absorbés.

Et, au milieu coule la Maritsa… oui, la Maritsa ! Impossible pour Les Joyeux Pataugas de ne pas avoir une pensée pour Sylvie Vartan.

La découverte commence par la ville basse, sous une météo… comment dire… toujours humide. Première étape : la superbe mosquée Dzhumaya, construite juste après la conquête ottomane de la ville au XIVᵉ&nb sp;siècle, posée majestueusement face aux vestiges du stade antique de Philippopolis. Un face-à-face historique entre minaret et pierres romaines.

Puis direction la ville haute. Et, là… ça grimpe ! ! ! Heureusement, la gent féminine des Joyeux Pataugas avait laissé les talons aiguilles au placard. Quant à la gent masculine… elle n’avait de toute façon jamais envisagé cette option. Enfin, officiellement.

C’est cinq kilomètres de ruelles pavées, pentues, glissantes, tortueuses, dans un décor de cartes postales ottomanes qui attendent Les Joyeux Pataugas. Chaque montée donne l’impression que la colline suivante a été ajoutée par un urbaniste médiéval sadique. L’église de la Sainte Mère de Dieu accueille d’abord Les Joyeux Pataugas avant qu’ils ne se perdent avec bonheur dans le dédale des maisons colorées de la vieille ville. Ces demeures des XVIIIᵉ et XIXᵉ&nb sp;siècles, symboles de la Renaissance nationale bulgare, affichent fièrement leurs façades élégantes et leurs couleurs éclatantes.

Puis surgit devant nos Joyeux Pataugas l’impressionnant Théâtre  Romain de Plovdiv. Découvert dans les années 1970 sous quinze mètres de terre, ce monument colossal domine la ville avec une majesté tranquille. Les bancs portent encore les numéros des anciens quartiers romains. Aujourd’hui, concerts et spectacles y résonnent encore l’été.

Et, voici l’église Saints-Constantin-et-Hélène, la plus ancienne église de la ville, édifiée au IVᵉ siècle puis reconstruite au XIXᵉ, reconnaissable à son clocher élancé et à ses magnifiques fresques colorées. Un lieu sacré chargé d’histoire et de sérénité… que Les Joyeux Pataugas abordent avec un enthousiasme légèrement trop débordant. Mais, Sœur Ralitsa veille et réprimande, non d’un regard bourru bulgare, mais d’un petit sermon tout en douceur, mélange subtil de bienveillance orthodoxe, qui transforme pendant exactement… trois minutes Les Joyeux Pataugas en pèlerins modèles.

Le passage au Musée régional d’ethnographie de Plovdiv plonge Les Joyeux Pataugas dans la culture populaire bulgare. Plus de 40  000&nbs p;pièces : tissus, instruments de musique, outils, artisanat… le tout installé dans une somptueuse demeure aux sgraffites baroques. Un décor tellement photogénique que nos Joyeux Pataugas dégainent immédiatement la photo de groupe.

Et, enfin, arrive l’ultime montée vers les ruines des fortifications de Nebet Tepe, perchées sur la plus haute des collines. Le panorama splendide sur Plovdiv récompense enfin les efforts des Joyeux Pataugas. Mais, derrière l’émotion culturelle et les photos, une autre réalité commence à émerger : les estomacs des Joyeux Pataugas, eux, lancent déjà un sérieux appel à l’aide, surtout que la fameuse brioche bulgare du matin repose tranquillement dans le minibus.

La redescente dans les ruelles pavées de Plovdiv commence alors pour des Joyeux Pataugas à la fois épuisés, affamés… et persuadés que cette plongée annonce enfin le déjeuner. Le groupe suit donc Georgi, notre guide bulgare. Enfin… “suit” est un grand mot. Car Georgi possède un talent rare : celui de guider avec une discrétion quasi surnaturelle. À certains moments, Les Joyeux Pataugas oublient même sa présence. Pourtant il est bien là, silencieux, flottant dans les ruelles.

Et, soudain… drame ! ! !

Le restaurant prévu apparaît enfin. Enfin… disons plutôt qu’il se présente portes closes.

Heureusement, sœur Ralitsa surgit et reprend la situation en main. Direction le « Rahat Tepe », un de ses restaurants favoris. «  Tepe, Tepe…  » ! ! ! cela rime avec Nebet Tepe  ??? Effectivement, le restaurant se situe de nouveau là-haut, du côté de Nebet Tepe, cette ultime colline que nos Joyeux Pataugas viennent de redescendre. Rebelote, nos Joyeux Pataugas repartent pour une nouvelle ascension. Heureusement, un miracle météorologique survient  :   le soleil fait son apparition. Comme quoi tout arrive en Bulgarie  ! ! !

C’est donc sous le soleil qu’ils débarquent au «Rahat Tépé»  !  !  ! Et, là, surprise  !  !  ! De grands sourires. Des sourires jusqu’aux dents. Nos Joyeux Pataugas en restent presque figés. L’accueil est-il bulgare  ? Ou bien un subtil mélange, laissé par deux mille ans d’invasions et de migrations  : Thraces, Romains, Slaves, Ottomans, Grecs et autres ont tellement brassé la Bulgarie  !  !  !

Une chose, en revanche, est certaine : Les Joyeux Pataugas se régalent ! ! !

Et, que dire de cette fameuse limonade vantée par Sœur Ralitsa : fraiche, pétillante, parfumée juste comme il faut ! ! ! N’est-ce pas Estelle  ?

Franck

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Retour pour nos Joyeux Pataugas au «Skyler Guest House» afin de récupérer bagages et retrouver  miss Brioche qui doit se morfondre depuis ce matin dans le minibus  !  !  ! Avant le départ, il fallut bien sûr dire au revoir à la charmante hôtesse bulgare au sourire permanent. Et, à voir sa bonne humeur intacte, une vérité s’impose enfin : le Bulgare n’est peut-être pas aussi bourru que certaines légendes touristiques le prétendent. Ou alors, le sourire des Joyeux Pataugas finit réellement par contaminer tout ce qui les approche d’un peu trop près.

Et, hop… en voiture Simone !

Les Joyeux Pataugas quittent la région des Thraces, prennent désormais la direction de Pamporovo, station nichée au cœur des Rhodopes, dans la province de Smolyan, où ils sont attendus quatre nuits au complexe hôtelier « The Castle ». 80 km seulement sur la carte… mais 80  km bulgares.

Heureusement, sous le soleil. Enfin… même si il semble jouer à cache-cache avec les nuages. Deux minutes d’ombre. Puis lumière. Puis grisaille. Bref, une météo incapable de prendre une décision claire, exactement comme certains Joyeux Pataugas chez « El Greco » ce matin.

Dans le minibus, le calme s’installe rapidement. Le ronronnement du moteur, les lacets de montagne, la digestion du déjeuner… tout conspire contre l’éveil des troupes. Quelques têtes oscillent dangereusement, tandis que certaines contemplent le paysage avec une intensité méditative alors que d’autres contemplent surtout l’intérieur de leurs paupières.

Et, pendant ce temps-là, la célèbre Chepelarska reka déroule son cours au fond de la vallée. Une rivière aux multiples identités, ce qui, dans les Balkans, semble être une tradition locale. Jadis appelée Chaya, probablement à cause des innombrables plantes de tisane poussant le long de ses rives, elle fut ensuite renommée Chepelarska reka, avant de devenir officiellement Asenitsa. Mais, parait-il que tout le monde continue d’utiliser l’ancien nom… enfin les Bulgares du coin ! ! !

C’est justement le long de cette rivière que fut proclamé le traditionnel arrêt pipi. Une institution. Un rite. Une cérémonie presque sacrée. Et, là, Les Joyeux Pataugas se métamorphosent en touristes nippons. À peine descendus du véhicule, les téléphones surgissent plus vite que les revolvers de Lucky Luke. Cela mitraille à tout va. Enfin sauf l’intimité du pipi ! ! ! La photo de groupe, évidemment, est faite. Et, une fois la vidange collective accomplie et l’immortalité du lieu, hop, c’est reparti mon kiki ! ! !

Mais, avant d’atteindre Pamporovo, une surprise attend encore la troupe : le sentier écologique de Struilitsa. Et, ils y sont nos Joyeux Pataugas, à cette zone de loisirs de Struilitsa, connue pour ses piscines extérieures, bains vapeur, sauna et jacuzzi, et où débute le sentier qui s’enfonce dans la vallée protégée de Devin. Et, surprise, Les Joyeux Pataugas partent légers pour cette ballade. Exit les sacs à dos, laissés dans le minibus sous la surveillance de Bogoslov, officiellement chauffeur et officieusement gardien de consigne. Voir Les Joyeux Pataugas partir sans leurs sacs à dos avait quelque chose de profondément troublant. On ne reconnait plus la troupe légendaire. À vrai dire, l’ensemble ressemble à une sortie en goguette d’un Ehpad. Surtout que la balade ne présente guère de difficultés, sauf pour ceux qui entretiennent une relation compliquée avec les passerelles suspendues au-dessus du vide, accrochées à la roche.

Est-ce pour cela que Sylvie et Lyne, fatiguées, décident de s’arrêter ? ? ? Peut-être ? ? ? Encore que s’asseoir est  aussi une activité, plus hautement spirituelle. Pendant ce temps, le reste de la troupe poursuit l’aventure sous l’œil discret de Georgi.

Car Georgi  observe, veille, aide et se retourne pour voir si personne manque à l’appel. Une qualité qui, manifestement, n’est pas fournie d’origine chez tous les guides de la planète, quelle que soit l’appellation pompeuse qu’ils arborent ! ! !

Le temps avançant, Pamporovo attendant ses visiteurs, la troupe finit par rebrousser chemin. Le retour se fait piano, piano, avec ramassage de Lyne et Sylvie. Et, tout ce beau monde réintègre le minibus pour les derniers kilomètres.

C’est là que Bogoslov nous révèle tout son talent. Dans les lacets des Rhodopes, le minibus  avale les virages avec une maîtrise presque insolente. Pas un freinage brutal. Pas une hésitation.

Par contre, plus l’altitude augmente, plus l’attention des Joyeux Pataugas se porte sur un détail. La neige ! ! ! Elle est bien là ! ! ! D’abord, quelques plaques timides. Puis, des coins blancs dans les sous-bois, pour carrément voir des pans entiers de paysage. Les sapins blanchissent, les bords de route aussi.

Et, puis… ils y sont à Pamporovo ! ! ! Créée en 1933, cette station des Rhodopes est située à 1650 mètres d’altitude au pied du sommet Snezhanka (Blanche-Neige).

Après une installation rapide dans les appartements du complexe « The Castle », la salle réservée au diner eut immédiatement un effet thérapeutique sur les organismes fatigués, voire sur les conditions météorologiques ! ! ! Chaleur, bois, feu de cheminée, décoration cosy et surtout… un bar ! ! ! Détail capital qui provoque chez certains Joyeux Pataugas une renaissance physique et psychique spectaculaire. Par contre l’endroit semble un brin désert. Pas de monde. Une ambiance calme. Le genre d’atmosphère qui donne envie de parler doucement… avant qu’un groupe de Français entre ! ! !

Le dîner  : un buffet au goût bulgare  !  !  ! Et oui, sœur Ralitsa va devoir encore œuvrer…

Et, pendant que les flammes crépitent doucement dans la cheminée, que les verres tintent au bar et que la neige s’installe silencieusement dehors, les Joyeux Pataugas prennent possession de leur refuge des Rhodopes. Pour quatre nuits.

Ce qui, connaissant la troupe, promet déjà quelques futurs épisodes mémorables.

Et, bonne nouvelle, avant le gros dodo des Joyeux Pataugas, « The Castle » a un petit déjeuner et cela dès 8  h  00 ! ! !

Franck

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Jour 4 : Entre blizzard et billard, la journée des Joyeux Pataugas à Pamporovo…

À leur réveil, en tirant les rideaux de leurs appartements respectifs, Les Joyeux Pataugas découvrent que Pamporovo a presque disparu sous la neige. Pas une petite poudreuse romantique façon carte postale de Noël. Non. Une vraie neige balkanique : massive et épaisse.

La preuve, certains Joyeux Pataugas, logés dans une autre résidence, doivent improviser une traversée digne d’un numéro du Cirque du Soleil pour rejoindre la salle du petit déjeuner.

À l’intérieur, heureusement, la bonne humeur résiste encore autour du petit déjeuner. Mais derrière les sourires et les cafés brûlants, une légère inquiétude flotte dans l’air. Car aux dernières nouvelles… le programme reste inchangé.

Et là surgit immédiatement LA question.

L’état des routes.

Parce qu’il faut bien le reconnaître : venant de la région parisienne principalement, Les Joyeux Pataugas savent qu’un demi-millimètre de neige suffit généralement à transformer la circulation en chaos paralytique. Alors imaginez l’ambiance lorsque les quatorze aventuriers, emmitouflés comme des mascottes Michelin, montent dans le minibus… enfin pas tous. Manque à l’appel Lyne, officiellement patraque ou qui a visiblement estimé qu’entre une expédition dans le blizzard bulgare et une couette bien chaude, la seconde option a un réel potentiel de survie.

Tous les regards convergent discrètement vers Bogoslov, le chauffeur. Espérons simplement que son talent dans les virages d’hier soit au moins équivalent sur une route enneigée. Car dehors, la situation ne s’améliore pas. Les flocons tombent maintenant à gros paquets, pendant que le minibus monte, monte encore… et que le paysage devient de plus en plus blanc. Tout blanc. Vraiment tout blanc.

Le programme du jour prévoit une randonnée vers la célèbre Tour Snezhanka, immense tour de télévision perchée à 1928 mètres d’altitude. Haute de 156 mètres, elle offre normalement une vue spectaculaire sur les Rhodopes, les massifs de Rila et du Pirin, et même, selon la légende locale, jusqu’à la mer Égée lorsque le ciel est parfaitement dégagé.

Le problème, c’est qu’entre “temps clair” et “tempête de neige rhodopienne”, il existe une légère nuance. Et cette nuance devient encore plus évidente lorsque le minibus tente héroïquement de franchir un monticule de neige en plein milieu de ce qui semble être la chaussée… Malgré les efforts de Bogoslov, le véhicule patine, patine et… renonce !!!

Il n’y aura donc ni Tour Snezhanka, ni les rochers d’Orphée prévus ensuite. La nature vient de rappeler fermement qui commande dans Les Rhodopes.

Mais Georgi, toujours aussi discret qu’un espion bulgare et Sœur Ralitsa trouve immédiatement un plan B : un tour du lac de Pomporovo, appelé ici en plein été l’Adventure Park.

Enfin… “tour du lac” est là aussi une notion très théorique, par contre “aventure”, cela en a été une !!! Courte certes mais épique !!!

Car la neige décide rapidement que Les Joyeux Pataugas ne verront finalement qu’un petit quart du lac. Mais quel petit bout ! Une véritable expédition polaire. De la neige jusqu’aux genoux, des demies jambes qui disparaissent sans prévenir dans la poudreuse, des équilibres approximatifs et des éclats de rire mêlés à une légère inquiétude permanente.

Et au milieu de cette aventure, nos deux octogénaires avancent vaillamment. Comme on dit : bon pied, bon œil. Enfin… surtout bon œil. Parce que côté pied, octagénaire ou pas d’ailleurs, l’assise est souvent discutable dans cinquante centimètres de neige fraîche.

Imaginer la tête de Caroline, la fille de Jany, si elle avait vu sa mère dans cette équipée sauvage digne de la conquête du Grand Nord.

Mais malgré tout, le spectacle est magnifique : une étendue d’eau glacée au milieu des pins enneigés, un silence presque irréel, seulement interrompu par les éclats de rire et quelques glissades plus ou moins maîtrisées.

Vous imaginez que Les Joyeux Pataugas décident alors d’abandonner définitivement toute idée de randonnée sérieuse pour se consacrer, le temps du retour au minibus, à des activités beaucoup plus adaptées aux conditions météorologiques : bataille de boules de neige, photos improbables, balançoire enneigée et figures acrobatiques involontaires.

Bref, absolument tout… sauf de la randonnée.

Mais après tout, quand la météo décide de jouer les trouble-fêtes, il faut savoir s’adapter et ne pas avoir honte d’un repli. Et cette retraite, elle est improvisée sur le village de Shiroka Laka, situé juste en dessous de Pamporovo, annoncé beaucoup moins enneigé. Et comme il est toujours bon de joindre l’utile à l’agréable, quoi de mieux qu’une petite balade à pied et en profiter pour faire quelques emplettes. Car ce midi, il y a pique-nique !!!

Où exactement ?

Mystère absolu.

Personne ne le sait encore.

Et à ce stade du voyage, une chose devient de plus en plus évidente : Les Joyeux Pataugas ne sont plus vraiment dans un séjour organisé… mais dans une aventure permanente, version bulgare sous haute improvisation !!!

Et puis, phénomène presque surnaturel, plus le minibus redescend vers Shiroka Laka, plus la neige commence à se faire rare. Lentement d’abord… puis franchement. Finis les airs de blizzard sibérien, les paysages blancs de blancs et les flocons gros comme des raviolis. À travers les vitres embuées du minibus, Les Joyeux Pataugas aperçoivent même… des petites éclaircies.

Shiroka Laka

À ce stade, personne n’ose encore y croire. Mirage météorologique ? Illusion collective provoquée par le manque de randonnée ? Vision mystique ? Impossible à dire. Mais une chose est certaine : à Shiroka Laka, de la neige, y en a pas ! ! !

Vu la consonance presque indienne du nom du village, allez savoir si un grand Manitou des Rhodopes n’a pas pendant la nuit fumé un calumet de la paix avec la neige ! ! !

Et soudain… un 23 avril 2026, c ‘est le jour J à Shiroka Laka ! ! !

Imaginez la scène.

Quatorze Joyeux Pataugas qui surgissent dans un paisible village montagnard bulgare. Car vous le savez tous désormais : un Joyeux Pataugas ne passe jamais inaperçu, n’importe où dans le monde ! ! ! Alors quatorze d’un coup, dans des rues calmes peu habituées à l’agitation, cela provoque forcément un léger choc culturel.

Les habitants observent la troupe avec une curiosité prudente. Quelques mines patibulaires dévisagent nos joyeux lurons avec un mélange subtil entre l’interrogation et la méfiance. Qui sont ces energumènes ? Pourquoi parlent-ils si fort ? Pourquoi semblent-ils heureux malgré la grisaille ? Mystère et boule de banitsa (*).

Mais s’il y a bien une personne ravie de cette arrivée inattendue, c’est la propriétaire de la petite supérette du village. En quelques minutes, Les Joyeux Pataugas transforment son commerce tranquille en centre névralgique du ravitaillement. Chips, biscuits, boissons, chocolat, charcuterie, pain, alcool… la dame voit probablement défiler devant ses yeux l’équivalent de son chiffre d’affaires annuel.

Et comble du bonheur commercial : la commerçante se révèle adorable. Souriante, généreuse, presque émue par cette invasion touristique improvisée, elle offre un paquet de friandises bulgares à la troupe. Comme quoi, la culture bulgare n’est pas si taciturne et inhospitalière.

Pendant que certains organisent stratégiquement le pique-nique, d’autres partent découvrir les hauteurs de Shiroka Laka. Le village, typiquement montagnard, dévoile ses maisons traditionnelles, ses ruelles paisibles, ses vieux engins motorisés et son atmosphère hors du temps. Un décor authentique, calme, presque méditatif… brutalement traversé par quelques Joyeux Pataugas turbulents.

Mais déjà l’heure du minibus approche.

Et surtout… aller pique-niquer.

Où ça ?

À Pamporovo, évidemment.

Parce qu’après une matinée passée à fuir la neige, quoi de plus logique que de remonter déjeuner en pleine montagne enneigée ? À ce stade du séjour, Les Joyeux Pataugas ont définitivement cessé de chercher une quelconque cohérence dans l’organisation des événements.

Sacré Georgi. Toujours aussi discret, presque invisible par moments, mais d’une efficacité redoutable lorsqu’il s’agit de sauver la situation il vient d’obtenir l’autorisation d’un pique-nique dans le hall de réception du complexe The Castle Complex.

Après… “complexe” est un mot un peu ambitieux. Car à première vue, il semble bien que les seuls êtres vivants présents dans tout le complexe soient précisément… Les Joyeux Pataugas eux-mêmes. Pas un réceptionniste à l’horizon, pas un touriste, pas une âme qui vive. Le lieu possède cette atmosphère étrange des stations de montagne hors saison.

Et puis soudain… derrière les grandes vitres du hall de réception du The Castle Complex, le soleil fait son apparition. Éclatant, magnifique, triomphant même. En quelques minutes, le ciel devient d’un bleu éclatant, comme si la tempête du matin n’avait jamais existé.

Voilà de quoi pousser à une une découverte à pied de Pamporovo cet apres-midi.

Avant cela toutefois, une mission capitale attend encore la troupe : rendre au hall de réception son apparence… de hall de réception. Car après le passage des Joyeux Pataugas, le lieu ressemble davantage à la salle commune d’un refuge de haute montagne après trois jours de tempête de neige. Et qui se dévoue héroïquement pour cette noble tâche ménagère : Pascal et Francky.

Oui. Pascal et Francky.

Transformés en véritables fées du logis studieuses, les voilà en train de ranger, nettoyer, remettre fauteuils et tables en ordre avec un sérieux absolument remarquable. Ils ou elles dégagent une telle énergie et un tel savoir-faire que si le complexe avait eu une âme dirigeante présente sur place, nul doute qu’ils auraient décroché un contrat saisonnier. C’est si dur à l’heure actuelle de trouver du p’tit personnel  ! ! !

À 15  h  00 et des brouettes, le rassemblement est sonné. Direction les hauteurs de la station avec une petite grimpette goudronnée, les sentiers restant toujours ensevelis sous une neige bien trop présente pour permettre la moindre randonnée raisonnable.

La montée mène vers le point névraligique de Pamporovo, là où se trouvent les remontées mécaniques, télésièges et autres machines infernales destinées normalement aux amateurs de ski. Et là… confirmation absolue : Les Joyeux Pataugas sont littéralement les seules âmes vivantes en circulation dans toute la station.

Pas un skieur.

Pas un touriste.

Un chien peut être…

Une ambiance presque irréelle. Un décor qui rappelle ces images de lieux déserts pendant le Covid, avec cette étrange impression que le monde entier a disparu.

Presque tous Les Joyeux Pataugas sont présents. Deux membres de la troupe ont disparu des radars, probablement occupés à gérer avec discrétion les vapeurs alcoolisées du pique-nique ou un exces de charcuterie bulgare. Par contre Lyne, elle, est bien là. En pleine forme même. Comme quoi, les vapeurs d’alcool n’agissent décidément pas de la même façon sur toutes les créatures humaines.

Et malgré ce décor fantomatique où tout est fermé, silencieux, immobile… quel spectacle. Le soleil illumine désormais les montagnes, le ciel bleu explose au-dessus des sapins, et la neige scintille dans une lumière presque irréelle. On dirait véritablement qu’une fée est passée pendant le déjeuner avec une baguette magique météorologique.

Personne, avant le séjour, n’aurait imaginé assister à un tel tableau : Pamporovo désert, recouvert d’une neige immaculée sous un soleil éclatant. Un paysage magnifique, silencieux, presque irréel… uniquement animé par douze Joyeux Pataugas avançant joyeusement au milieu de cette carte postale grandeur nature.

Et pendant que Pamporovo ressemble toujours à une station fantôme perdue au milieu des montagnes, nos Joyeux Pataugas poursuivent leur exploration de la station sous un soleil dorénavant éclatant. Un ciel bleu irréel, une neige immaculée qui scintille de partout… et là-haut, tout au sommet des pistes désertes, la Tour Snezhanka.

Dressée dans le ciel, elle semble narguer Les Joyeux Pataugas ! ! ! Presque provocatrice même. Alors forcément, certains Joyeux Pataugas finissent par craquer, devant son insolence. Enfin… pas tous. Seulement un quatuor de courageux : Estelle, Monique et nos deux “fées du logis”, Pascal et Francky. Les voilà partis à l’assaut de la piste enneigée menant à la tour. Une montée certes incomplète, mais plein d’héroïsme. Car grimper dans une neige encore damée sous le soleil des Rhodopes, avec une pente qui semble ne jamais finir, demande, osons le dire, de la bravoure !!!

Tout là-haut la Tour Snezhanka

Vous vous doutez bien que le petit groupe ne rejoint pas la tour, mais réussit malgré tout une très belle ascension, atteignant environ un bon quart du parcours.

Puis l’après-midi se prolonge tranquillement dans cette atmosphère étrange et magnifique de station vide sous un soleil éclatant. Et puisque toute grande journée mérite une activité de prestige, voilà qu’une partie de billard s’organise. Car figurez-vous que dans le fameux hall de réception, trône un billard américain ! ! !

Autour de la table verte se retrouvent Sœur Ralitsa, Laurence, qui semble avoir évacué les vapeurs d’alcool… et évidemment… nos deux fées du logis.

Et là, surprise générale. Sœur Ralitsa révèle soudain un talent totalement inattendu. Une véritable virtuose de la queue de billard. Précision, maîtrise, élégance du geste… les boules disparaissent les unes après les autres avec une efficacité redoutable.

Sœur Ralitsa, la Reine du Billard

Puis vient l’heure du diner, puis du gros dodo…

Une chose est certaine : entre les montagnes enneigées, la station fantôme, la tour inaccessible, les batailles de boules de neige, les fées du logis improvisées, le ciel et soleil d’azur et Sœur Ralitsa transformée en reine du billard, cette journée à Pamporovo aura définitivement basculé dans cette catégorie très particulière des aventures que personne n’aurait pu inventer.

(*)Banitsa : pâtisserie bulgare composée de couches de pâte filo et de fromage, le tout cuit au four jusqu’à obtenir une texture croustillante et dorée.

Franck

Cliquez sur l’image pour voir le parcours

Jour 5 – L’Œil de l’Aigle et la grotte de Yagodina !!!

Quel contraste au réveil de nos Joyeux Pataugas ! À peine vingt-quatre heures plus tôt, ils ouvraient leurs rideaux sur un paysage digne du Grand Nord canadien. Ce matin, au The Castle Complex, c’est un tout autre spectacle : un ciel d’azur et une neige qui semble avoir fondu comme par enchantement. À croire qu’un Houdini bulgare s’est activé toute la nuit dans les Rhodopes pour faire disparaître le blanc de blanc qui recouvrait encore la station la veille.

Et cela se sent immédiatement au petit déjeuner. Les mines sont détendues, les sourires fleurissent, les yeux pétillent. Décidément, le soleil reste la meilleure thérapie faciale jamais inventée.

Et ce matin, Sœur Ralitsa et l’équipe d’Infopoint ont préparé une surprise. Une vraie aventure, certes un brin éloignée de la randonnée traditionnelle, qui caractérise Les Joyeux Pataugas, mais une aventure tout de même.

Et puis, ils ne vont pas échapper à la grimpette, voir même, ils vont beaucoup grimper. Mais, pour une fois, leurs mollets vont moins travailler. Une aide précieuse les attend.

Allez, Joyeux Pataugas, un dernier petit croissant bulgare, du dentifrice sur les quenottes, le p’tit caca du matin et hop, tout le monde saute dans le minibus, direction Yagodina et son célèbre Œil de l’Aigle !!! Une bonne cinquantaine de kilomètres, à rouler enfin sous un soleil éclatant et des paysages magnifiques !!!

Dans le minibus règne une ambiance particulière. Un mélange d’excitation et d’appréhension. Car contrairement à vous, chers lecteurs, Les Joyeux Pataugas connaissent déjà le moyen de locomotion qui va les mener à cet Œil de l’Aigle. Car non, Boroslov ne les dépose au pied du site. Son minibus en est d’ailleurs incapable. L’Œil de l’Aigle domine les vallées à près de 1500 mètres d’altitude avec aucun goudron, aucune route digne de ce nom pour y mener qui que ce soit ! ! !

Rien.

Seulement la montagne.

Bien sûr, nos Joyeux Pataugas ont de solides références. On les a vus gravir les pentes des Aravis, défier les neiges du lac d’Allos, arpenter les Gorges de Saint-Pierre, affronter la gorge sèche, le Blanc-Martel, et transpirer jusqu’à la dernière goutte sur les sentiers du Pic Roux.

Mais aujourd’hui… Ils ne vont pas monter quoi que ce soit ! ! !

Mais, amis lecteurs, enlevez-vous tout de suite cette idée de voir nos Joyeux Pataugas en parapente. Vision absolument terrifiante. Imaginez un instant la tête de Caroline découvrant sa maman Jany, doyenne des Joyeux Pataugas, suspendue sous une voile au-dessus des Rhodopes. C’est la mort annoncée de Francky ! ! !

Non, aujourd’hui, l’ascension se fait en… 4 x 4 ! ! !

Et quels 4 x 4 ! Pas les modèles chromés qui paradent dans les avenues de Dubaï. Non !

Ici, en Bulgarie on est dans l’authenticité. Dans la mécanique rustique qui semble avoir traversé plusieurs guerres, deux révolutions et quelques tremblements de terre sans jamais perdre son permis de circuler.

Deux vieux engins en somme ! ! !

Avec quinze passagers dedans. Car Georgi est évidemment de l’aventure. Et lorsqu’il faut grimper dans les bennes arrière, le spectacle vaut déjà le détour : la marche est haute. Très haute.

Pendant ce temps, Estelle observe l’un des conducteurs : un jeune homme au visage presque adolescent, pas plus haut que trois pommes, flottant dans un treillis militaire qui semble avoir connu plusieurs propriétaires avant lui. Une apparence qui, vu sa tête, semble ne pas lui inspirer immédiatement une confiance absolue. Et allez savoir pourquoi, ce jour-là, Estelle ne formule aucune requête ! ! !

Et pourtant… Quelques minutes plus tard, dès le début de la montée, tout le monde comprend que le chérubin connaît chaque pierre de la montagne… même si le terme montée est presque insuffisant. Il s’agit davantage d’un terrible rodéo balkanique. Le chemin ressemble à une succession d’ornières. Enfin non, de cratères ! ! ! Des pierres partout, une enfilade de virages serrés et des passages inclinés qui créent de drôles de facies chez nos Joyeux Pataugas ! ! !

Les deux 4 x 4 bondissent, rebondissent, sautent, glissent et tanguent !!!

Nos Joyeux Pataugas découvrent des mouvements de bassin que même des cours « new génération » de gymnastique n’avaient jamais envisagés. Leurs lombaires protestent tandis que leurs vertèbres improvisent et que leurs fessiers encaissent.

Et comme la partie « transport du bétail » est bachée, c’est la surprise totale ! ! !

Et dire, que quelque part, très loin de là, du côté d’Epinay-sur-Orge, Caroline ignore que sa mère vit cela ! ! !

Mais miracle, personne ne tombe, ne rend son p’tit dej et ne réclame un ostéopathe en urgence.

Et c’est finalement sains et saufs que Les Joyeux Pataugas atteignent le site l’Œil de l’Aigle.

A l’arrivée, pendant quelques minutes, chaque Joyeux Pataugas récupère discrètement de la montée. Ils retrouvent leur équilibre et vérifient que tous leurs organes internes sont bien à leur place.

Puis les appareils photos entrent en action : photos de groupe, photos héroïques, comiques et contemplatives.

Et le voilà cet Œil de l’Aigle : une plateforme métallique suspendue au-dessus du vide, accrochée à la montagne comme un balcon géant dominant les Rhodopes. À près de 1500 mètres d’altitude, le panorama est époustouflant. Les vallées s’étendent à perte de vue, les forêts recouvrent les montagnes et cela sous un soleil illuminant tout le paysage.

Mais déjà une autre réalité s’impose.

Il faut redescendre.

Et les 4 x 4 attendent. Cette fois complètement débâchés.

Comme si les chauffeurs avaient décidé d’éxacerber le stress des Joyeux Pataugas.

Les Joyeux Pataugas reprennent position, s’agrippent entre eux. Leurs sourires se crispent légèrement et, en voiture Simone, c’est reparti dans un nouveau festival de rebonds, de poussière et de tape-cul rhodopéen dont Les Joyeux Pataugas se souviendront probablement longtemps.

C’est encore après avoir été bien secoués que Les Joyeux Pataugas sont finalement déposés par leurs montures mécaniques à l’entrée de la plus célèbre grotte de Bulgarie : la Grotte de Yagodina. Face à eux se dresse l’entrée de dix kilomètres de galeries sur cinq niveaux ! ! ! Mais seuls trois niveaux sont ouverts verts au public sur seulement un kilomètre ! ! !

La visite commence et immédiatement la montagne avale Les Joyeux Pataugas avec une fraîcheur soudaine.

Entrée de la grotte de Yadoniva

Puis arrive le royaume du calcaire. Partout, des stalactites. Partout, des stalagmites. Les Joyeux Pataugas avancent dans cet univers souterrain fascinant, admirant les concrétions qui prennent parfois des formes étranges aux évocations diverses.

Comme les photos sont interdites, impossible pour eux d’immortaliser chaque concrétions sous dix-sept angles différents ? Le supplice est immense ! ! ! Mais téléphones et appareils photo restent bien dans les poches. Le Joyeux Pataugas sait être obéissant et ne brave pas toujours l’interdit ! ! ! Alors chacun doit accomplir un exercice devenu rarissime au XXIᵉ siècle : regarder avec ses yeux. Certains semblent redécouvrir le concept. D’autres résistent courageusement à l’envie de dégainer leur smartphone.

Heureusement, la beauté des lieux finit par l’emporter sur la frustration numérique. Car cette grotte est réellement spectaculaire. Les salles se succèdent. Les plafonds s’élèvent. Les colonnes calcaires surgissent de l’obscurité, tandis que l’eau goutte lentement depuis des millénaires.

La visite s’achève finalement.

Le groupe retrouve la lumière du jour, sous un soleil presque agressif ! ! !

Et comme la sortie est éloignée, il va falloir marcher bien 200 mètres… pour regagner le minibus !!! La p’tite rando du jour, en fait ! ! !

Sur le chemin, un stand de tir attire l’attention de Lolo. L’occasion rêvée de montrer comment elle «  bute » sans la calandre avant de sa voiture, mais avec un fusil. Et qui se dresse au loin et va servir de cible ? Une silhouette métallique d’un imposant sanglier… bien sûr des Rhodopes… ! ! ! Concentration maximale, regard fixé sur la cible, posture digne d’une compétitrice olympique… et : pan-pan ! ! ! Lolo tire juste. Très juste même… et voilà le sanglier des Rodhopes transformé en vilain petit canard jaune ! ! !

Sœur Ralitsa s’essaie également à l’exercice, mais sur bouchons ! ! ! Et là encore, les résultats forcent le respect. Décidément, après ses talents de joueuse de billard découverts la veille, elle n’a pas fini d’épater la Bulgare ! ! !

Puis vient l’heure du retour vers Pamporovo.

Les montagnes défilent une dernière fois derrière les vitres du minibus tandis que chacun repense à cette journée décidément peu ordinaire, entre rodéo en 4 x 4, plateforme suspendue au-dessus du vide et exploration souterraine.

De retour au The Castle Complex, le désormais célèbre hall de réception retrouve sa fonction favorite : accueillir le pique-nique des Joyeux Pataugas. Enfin, vu l’heure avancée, c’est davantage un goûter ! ! !

Les sacs se vident, les restes d’hier réapparaissent sur les tables, les derniers morceaux de brioche de Plovdiv sont avalés, tout cela dans une convivialité totalement pataugasienne ! ! !

Puis, comme un rituel désormais bien installé, les « fées du logis » s’activent ! ! ! Puis certains rejoignent la table de billard. Toujours les mêmes d’ailleurs. Les queues s’alignent, les boules s’entrechoquent et les parties s’enchaînent pendant que le soleil décline lentement sur les montagnes.

Arrive l’heure du dîner, où, à la surprise générale, la langue de Molière figure sur l’énoncé de chaque plat du buffet. Oui, du français. Fini les traductions gastronomiques devant des intitulés mystérieux animées par Sœur Ralitsa. Cette attention ravit nos Joyeux Pataugas, et surtout Sœur Ralitsa. Depuis plusieurs jours, elle assure avec patience les traductions gastronomiques, les explications culinaires et les opérations de secours linguistique devant les buffets. Ce soir, pour la première fois, elle peut contempler les plats sans avoir à répondre à la question rituelle : « Et ça, c’est quoi ? »

Le dîner se déroule donc dans une sérénité nouvelle, chacun retrouvant avec bonheur le plaisir de savoir ce qu’il met dans son assiette avant de le découvrir dans sa bouche. Puis, l’estomac repu, Les Joyeux Pataugas regagnent progressivement leurs appartements du The Castle Complex.

Une nouvelle nuit pamporovienne est là ! ! !

Franck

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Jour 6 – Des falaises de Neviastata au coup de foudre du Rodopchanka

Le réveil sonne une nouvelle fois sur Pamporovo. Et qui est là derrière les rideaux : le ciel bleu qui semble avoir signé un bail à durée indéterminée. Après un petit déjeuner, toujours aussi gargantuesque, enfin sauf pour le croissant bulgare qui ressemble davantage à un échantillon gratuit qu’à de la viennoiserie, Les Joyeux Pataugas embarquent dans le fidèle minibus de Bogoslov.

Direction : l’Écotrail de Neviastata ! Enfin ! Enfin ! Enfin ! Si les mollets des Joyeux Pataugas commençaient sérieusement à s’inquiéter de leur inutilité, qu’ils se rassurent, ils ne vont pas se mettre au trail et donc cavaler. Les Joyeux Pataugas sont rompus à l’art noble de la marche contemplative, celle qui respecte le paysage, le souffle… et les articulations. Alors la course sur sentier ? Que nenni !

Et il n’y a même pas neuf kilomètres pour atteindre cet écotrail depuis The Castle Complex. À peine le temps pour certains de commencer une digestion ou de repiquer à un p’tit somme que le minibus s’immobilise déjà.

Le décor est superbe. Les Rhodopes déploient leurs forêts de pins, leurs falaises calcaires et leurs reliefs tourmentés dans une totale harmonie.

« La Mariée »

Le sentier, aménagé avec soin, serpente agréablement entre les arbres et conduit nos Joyeux Pataugas vers la formation rocheuse emblématique de Neviastata, qui signifie en bulgare « La Mariée ». Mais derrière ce nom poétique se cache une légende bien moins romantique. On raconte qu’une jeune femme d’une beauté exceptionnelle venait tout juste de convoler lorsque des envahisseurs arrivèrent dans la région. Séduit par la nouvelle mariée, leur chef décida purement et simplement de l’enlever. Mais plutôt que de perdre sa liberté, son honneur ou de subir un mariage imposé, la jeune épouse choisit de se jeter du haut de cette falaise dominant la vallée de la rivière Cherna.

Son sacrifice fit d’elle un symbole de courage, de dignité et de résistance pour toute la région des Rhodopes.

Bien sûr, les versions diffèrent selon les conteurs : certains parlent d’un chef ottoman, d’autres d’un seigneur local ou simplement d’un envahisseur étranger. Mais une chose est certaine : en aucun cas ce fût un Joyeux Pataugas ! ! !

Et puis quel point de vue, depuis les pieds de « La Mariée » ! ! ! Ils dominent Smolyan et les vallées environnantes.

Et puis, plus loin apparaît la via ferrata. Ou plutôt ce qu’il en reste. Georgi, toujours aussi discret qu’efficace, part en éclaireur afin d’inspecter les installations.

Quelques minutes plus tard, son verdict tombe. Le matériel accuse sérieusement le poids des années. Le tronçon qui mène aussi à une tyrolienne présente quelques fantaisies techniques qui feraient frémir un assureur. Bref, Georgi fait comprendre aux Joyeux Pataugas qu’il serait infiniment plus raisonnable de ne pas tenter le diable.

Vous imaginez bien que la grande majorité des Joyeux Pataugas accueille cette recommandation avec enthousiasme ! Personne ne semble particulièrement déçu.

Enfin… presque personne. Car il existe toujours chez Les Joyeux Pataugas une poignée d’irréductibles et elle se nomme : Estelle, Monique, Sœur Ralitsa, Franck et Pascal. Et bien sûr par obligation, Georgi ! ! !

Les voilà partis explorer un peu plus haut le chaos rocheux. À les voir disparaître entre les falaises, certains imaginent déjà une expédition digne des plus grandes heures de l’alpinisme. Finalement, quelques dizaines de minutes plus tard, tout le monde réapparaît.

Entier.

Pas une égratignure.

Pas le moindre bobo.

Ils sont forts nos Joyeux Pataugas ! ! !

S’ensuit une petite séance de « balançoire » où la doyenne se retrouve gentiment propulsée « star » , Les Joyeux Pataugas reprennent le chemin du retour.

Et voilà, le cul du minibus qui attend sagement. Mais, interdiction de monter dedans, car en contrebas de cet écotrail de Neviastata se niche le monastère Saint-Panteleimon. Petit havre de paix perdu au milieu des Rhodopes ! ! !

Un lieu finalement assez jeune puisque construit en 1998 grâce à la détermination peu commune d’une femme née musulmane, convertie ensuite au christianisme orthodoxe sous le nom de Christina. Comme quoi les chemins de la foi peuvent parfois emprunter de sacrés détours… un peu comme venir, un dimanche matin, pour une randonnée dominicale de 10 km chez Les Joyeux Pataugas, et rentrer chez vous que trois jours plus tard ! ! !

L’église, dédiée à Saint-Panteleimon, protecteur des médecins et guérisseur particulièrement vénéré dans le monde orthodoxe, invite naturellement au recueillement. Affirmer que Les Joyeux Pataugas se sont soudainement métamorphosés en moines chartreux serait sans doute un brin exagéré. En revanche, les plaisanteries se raréfient, les pas deviennent plus feutrés et les sourires se font plus discrets. Même les appareils photo observent un silence religieux… il faut dire qu’ici, les clichés sont tout simplement interdits. Pour une fois, ce n’est donc pas Sœur Ralitsa qui rappelle les troupes à l’ordre, mais le règlement des lieux…

Le monastère Saint-Panteleimon

Puis l’aventure continue : retour dans le minibus et cap sur Smolyan.

Enfin… presque.

Car Bogoslov s’arrête aux portes de Smolyan, dans le quartier de Chilingirska, au bord de la rivière Kriva

Et là, à une vingtaine de mètres de hauteur, apparait la cascade de Smolyan où selon une vieille légende, le gouverneur ottoman Salih Aga y faisait précipiter les condamnés du haut de la falaise.

À défaut, pour nos Joyeux Pataugas, c’est la pose photo devant la chute d’eau : Individuellement, en couple ou en groupe … ou selon la formule… selon affinités !!!

La cascade de Smolyan

Puis direction le centre de Smolyan, la ville la plus élevée de Bulgarie, qui est née officiellement en 1960 de la fusion de trois anciennes localités : Smolyan, Raykovo et Ustovo. Son nom provient de la tribu slave des Smolyani, qui s’y installa dès le VIIᵉ siècle.

Seulement voilà… Les Joyeux Pataugas ont beau apprécier l’histoire, les belles pierres et les anecdotes locales, ils ne visitent jamais le ventre vide. Et justement, il commence sérieusement à protester.

La découverte de Smolyan prend donc très rapidement une tournure… beaucoup plus gastronomique que patrimoniale. C’est ainsi que toute la joyeuse troupe s’installe au restaurant Rodopchanka, autrement dit « la femme des Rhodopes ».

Le nom est charmant.

Le contenu local des assiettes l’est encore davantage.

Mais la cuisine n’est pas la seule attraction de l’établissement.

Les Joyeuses Pataugas, elles aussi, semblent susciter un certain intérêt au serveur de l’une des deux tables ! ! ! Et, il le montre bien, le bougre ! ! ! Quel regard il jette ! ! ! De plus il cligne ! ! ! Une œillade plus que malicieuse. Coquin est le serveur bulgare ! ! !. Et celle qui semble récolter le plus son attention n’est autre que Sœur Ralitsa. Comme quoi la jeunesse possède parfois des arguments imparables. Même si notre Lolo tente bien une manœuvre audacieuse en laissant deux ou trois boutons de son chemisier prendre discrètement leur liberté, mais rien n’y fait.

Le restaurant Rodopchanka

Le serveur reste imperturbablement tourné vers Soeur Ralitsa.

Mais surtout, cela confirme une chose : le Bulgare ne possède pas toujours cette tête patibulaire de gros méchant, il sait faire le Roméo quand il rencontre une Juliette ! ! !

Le déjeuner terminé, les estomacs heureux et Soeur Ralitsa toujours parmi nous, le minibus reprend la route vers Pamporovo.

La journée pourrait tranquillement s’achever là.

Mais ce serait mal connaître Francky.

À peine arrivé au The Castle Complex, il décrète une petite randonnée improvisée.

L’idée est excellente, l’improvisation le sera un peu moins ! ! !

Car Les Rhodopes ne sont décidément pas la forêt de Fontainebleau… ou Visorando connaît moins bien ce massif montagneux !!! Les sentiers semblent s’amuser à ne pas exister. Après tous ceux qui ont accompagné Francky, marchent ! ! ! Certes souvent en tournant en rond ! ! ! Mais aucune ligne droite n’a été promise et l’essentiel est là : un pied devant l’autre.

Donc mission parfaitement accomplie, merci Francky ! ! !

Le soleil descend lentement derrière les crêtes des Rhodopes. Arrive le dernier dîner à Pamporovo. Puis l’ultime nuit dans cette station qui, quelques jours plus tôt, ressemblait à une Sibérie miniature.

Demain, les valises retrouveront le coffre du minibus de Bogoslov, Les Joyeux Pataugas quitteront Pamporovo et le cap sera mis sur Kardzhali.

Franck

Cliquez sur l’image pour visionner le jour 6

Jour 7 – Le Monastère de Batchkovo et la Forteresse de Monyak

Le dimanche 20 avril se lève sur Pamporovo avec un temps magnifique

Qui aurait cru, six jours plus tôt, lorsque Les Joyeux Pataugas découvraient la station ensevelie sous la neige, que celle-ci se présenterait aujourd’hui sous un soleil éclatant et un ciel d’un bleu à faire pâlir de nombreuses cartes postales ?

Personne ! ! !

Après un dernier petit déjeuner au The Castle Complex, chacun boucle ses valises et quitte son appartement avec un petit pincement au cœur.

Puis Bogoslov charge les bagages, et tous nos Joyeux Pataugas grimpent dans le minibus. Le moteur s’apprête à ronronner, manque les premières notes de « Con Te Partirò » d’André Bocelli, quand soudain, un cri de détresse retentit ! ! !

Estelle vient de réaliser l’impensable. Sa précieuse casquette « INFO POINT », offerte quelques jours plus tôt par Georgi, a disparu.

Catastrophe ! ! !

Consultation express auprès de la flamboyante chevelure bleue, sa compagne de chambre, qui accueille la nouvelle avec une philosophie toute relative.

Mais Estelle n’abandonne pas.

Ses yeux implorants finissent par attendrir Georgi qui, malgré les minutes qui s’égrènent et le retard qui s’annonce, l’autorise à remonter dans sa chambre.

La voilà qui saute du bus et disparait dans le complexe hôtelier à une vitesse que personne ne lui soupçonnait.

Et cinq minutes plus tard, miracle !

La voilà qui réapparaît, le sourire jusqu’aux oreilles, exhibant sa casquette retrouvée. Pour beaucoup de Joyeux Pataugas, ce n’est qu’un souvenir, mais pour Estelle, allez savoir si ce n’est pas le symbole des liens noués avec Georgi au fil de ce séjour, nourri à la langue de Shakespeare.

Tous Les Joyeux Pataugas respirent ! ! ! Bogoslov et Georgi aussi et cette fois, le minibus démarre pour de bon.

Direction le Monastère de Batchkovo.

Un nom qui n’évoque absolument rien à la plupart des Joyeux Pataugas.

Et pourtant… Perché dans les Rhodopes de Dobrostan, sur la rive droite de la rivière Tchépélaré, à quelques kilomètres seulement d’Assenovgrad, le monastère est l’un des joyaux spirituels de la Bulgarie. Fondé en 1083 par Grégoire Pakourianos, brillant général géorgien au service de l’empereur byzantin Alexis Iᵉʳ Comnène, il accueillait à ses débuts exclusivement des moines venus de Géorgie. Aujourd’hui encore, il demeure le deuxième plus grand monastère orthodoxe du pays, juste derrière celui de Rila.

Et cela se voit, à l’arrivée de nos Joyeux Pataugas au monastère une heure plus tard : le parking est bondé et les visiteurs affluent de toutes parts.

La montée au monastère s’effectue pianissimo via une large route bitumée, bordée d’une succession ininterrompue d’échoppes en tous genres : icônes, confitures, miel, objets religieux, restauration bulgare… En fait, une traversée de toute la Bulgarie sur une simple bande d’asphalte ! ! !

La petite grimpette fait rapidement comprendre à certains Joyeux Pataugas qu’ils ont eu la main un peu lourde sur leurs couches de vêtements. Les parkas qui semblaient indispensables quelques jours auparavant prennent soudain des allures de sauna ambulant. Pas facile d’accepter que la Sibérie bulgare soit devenue une Côte d’Azur rhodopéenne.

Arrivés aux portes du monastère, Georgi fait une présentation passionnante de son histoire, toujours aussitôt traduite avec talent par Sœur Ralitsa.

Devant l’entrée du Monastère de Batchvovo

Une fois passées les portes, le groupe explose dans toutes les directions comme une envolée de moineaux. Les Joyeux Pataugas papillonnent d’un bâtiment à l’autre. Ils admirent les trois églises du complexe : l’église de l’Assomption, celle des Saints Archanges et, un peu à l’écart, dans un autre partie de l’enceinte, la petite église Saint-Nicolas. Puis se croisent dans le magnifique réfectoire où, parmi les fresques qui couvrent entièrement les murs, sur les plafonds, se déploie l’Arbre de Jessé dans une explosion de couleurs.

Et comme toute visite digne de ce nom mérite sa photo souvenir, tous les Joyeux Pataugas s’immortalisent devant l’église de l’Assomption.

L’église de l’Assomption

Presque tous… car Jacky a mystérieusement disparu ! ! !

Introuvable.

Évaporé.

Volatilisé.

Peut-être parti méditer avec les moines, qui sait ?

Le mystère est là, bien entier.

À la sortie du monastère, une partie de la troupe pousse jusqu’à la petite église Saints-Pierre-et-Paul, perchée un peu plus loin sur les hauteurs, sans oublier de saluer au passage celle de Sainte-Catherine. Les autres préfèrent une activité tout aussi respectable : contempler le paysage assis devant une boisson fraîche.

Quant à Jacky : toujours aucune nouvelle ! ! !

Finalement, Les Joyeux Pataugas se regroupent, redescendent tranquillement vers le minibus, flânant entre les innombrables boutiques. Si certains s’arrêtent devant les souvenirs, quelques-uns, dont les noms resteront soigneusement protégés par le secret pataugassien, poursuivent leur descente en savourant un sandwich à la saucisse bulgare, spécialité locale particulièrement savoureuse, qui ne passe pas inaperçue autour de leur bouche.

Naturellement, un arrêt technique s’impose avant le départ, surtout que Les Joyeux Pataugas connaissent depuis quelques jours l’importance stratégique de la pause pipi lorsqu’une longue route dans un minibus les attend.

Et puis, alors que Les Joyeux Pataugas se rapprochent peu à peu du minibus, un petit miracle se produit : Jacky réapparaît !

Ni perdu dans les dédales du monastère, ni parti faire retraite avec les moines orthodoxes, ni reconverti en marchand d’icônes ou de miel des Rhodopes… non, Jacky a tout simplement pris les devants et rejoint le bus en solitaire.

L’effectif est donc au complet. Nos quatorze Joyeux Pataugas peuvent enfin reprendre la route, direction Kardzhali. Enfin… c’était sans  compter sans le petit coup de chaud de François-Noël qui fait naître beaucoup d’inquiétude chez le reste de la troupe. Installé vers l’avant du minibus, il devient alors l’objet de toutes les attentions. Pour la première fois depuis le début du voyage, les rires s’effacent quelque peu.

Bogoslov prend doucement la route, et Les Joyeux Pataugas veillent discrètement sur l’un des leurs.

Le minibus roule tranquillement vers Kardzhali.

À l’avant, François-Noël alterne les moments de mieux et les moments… un peu moins bien. Disons que son état oscille entre le « couci-couça ».

À l’arrière, en revanche, un autre phénomène, qui s’appelle la faim, prend de l’ampleur. Il faut dire que pendant que certains avaient fait honneur aux fameux sandwiches à la saucisse bulgare, d’autres patientent toujours ! ! ! Résultat : leurs estomacs commencent à jouer un concerto en ré mineur, certes encore inaudible. L’arrêt pique-nique devient inévitable.

Surtout que Les Joyeux Pataugas possèdent encore quelques reliques gastronomiques soigneusement conservées depuis les fameux pique-niques improvisés dans le hall du The Castle Complex de Pamporovo.

Une première tentative de halte est rapidement abandonnée. Le lieu présente un charme… disons… très particulier. Mais, quelques kilomètres plus loin, Bogoslov déniche un endroit plus approprié mais qu’il est difficile de classifier.

Mi-épicerie ? Mi-bar ? Mi-dépot de tout et de rien ? ? ? Un p’tit musée rural ?

Chez Sila (à gauche le Monsieur)

Bref, un établissement que Les Joyeux Pataugas ne parviennent pas à définir avec précision.

Par contre, une chose est certaine, son propriétaire, Sila, est d’une remarquable gentillesse. Comme quoi le bulgare n’est pas si austère… quand il le veut ! ! ! Cet authentique homme des Rhodopes ouvre spontanément ses tables et ses chaises à cette étrange colonie française débarquée.

En quelques minutes, le pique-nique prend forme. Ou plutôt… s’étale ! ! ! Des bocaux apparaissent ici, des sachets là-bas et des quignons de pain en veux-tu en voilà !!! Un vrai puzzle alimentaire enrichi de quelques achats de bouche, sortis de la caverne de Sila !!!

Et bien sûr, tout le monde pioche à droite, à gauche, devant et derrière ! ! !

Une véritable basse-cour gourmande installée au beau milieu de nulle part dans les Rhodopes.

Pendant ce temps, bonne nouvelle, François-Noël, douilletement installé à l’ombre, retrouve progressivement quelques couleurs. Il n’est pas encore disposé pour courir un marathon, mais il rassure la troupe.

Comme devant l’établissement sommeillent plusieurs antiques Lada, les fameuses voitures aux origines soviètiques , imaginez bien que nos Joyeux Pataugas y jettent un coup d’œil. Sila, ravi de leur curiosité, sort alors de son boui-boui et vient raconter quelques souvenirs les concernant. Bien sûr, Sœur Ralitsa, veille et traduit les aventures de ce personnage haut en couleur.

Impossible évidemment de repartir sans immortaliser la scène. Certaines Joyeuses Pataugas osent même la pose sur les capots. Encore une fois, que Caroline se rassure : sa maman Jany n’y a pas dansé le french cancan !!!

Après avoir soigneusement débarrassé les tables, replacé les chaises et rendu les lieux tels qu’à leur arrivée, Les Joyeux Pataugas reprennent place dans le minibus.

Direction… Kardzhali. Mais Kardzhali, au juste, c’est quoi ?

Nichée au cœur des Rhodopes orientales, sur les deux rives de la rivière Arda, la ville de Kardzhali constitue depuis près de trois millénaires un véritable carrefour des civilisations. Thraces, Grecs, Romains, Byzantins, Bulgares et Ottomans, tous y ont laissé leur empreinte !!!

Et aujourd’hui, en ce 20 avril 2026, arrive une nouvelle civilisation : Les Joyeux Pataugas !!!

D’ailleurs les voilà justement qui arrivent… et « INFO POINT » a visé haut pour leur hébergement : le Caesar Palace ! Enfin… presque. Disons plutôt le Caesar 2 Hotel, édition Rhodope, beaucoup moins bling-bling ! ! ! Il est vrai que cette rue du 1er Mai, quartier Veselchane, à Kardzhali n’a pas le glamour du Strip de Las Vegas. Mais peu importe : le tapis rouge, lui, est bel et bien de sortie !

Les chambres sont rapidement investies. Les bagages déposés. Et alors que tout le monde pense pouvoir profiter d’un repos bien mérité, v’là-t’y pas que Sœur Ralitsa propose une randonnée, à quasiment 16 h 00 et en plein cagnard ! ! !

Oui, oui ! ! ! À 16 h 00, en plein cagnard ! ! !

Et ça… Les Joyeux Pataugas, ils n’y sont pas habitués du tout ! ! ! Mais alors, pas du tout, du tout ! ! ! Une randonnée à 16 h 00, en plein cagnard, voilà qui bouleverse des années de traditions dominicales. Surtout que cette rando, dixit Georgi, est une très grosse grimpette, encore jamais faite depuis leur arrivée en terre bulgare ! ! ! Et là, le banc de touche, il a tout de suite été ciré ! ! ! Bien sûr dans le lot figure François-Noël… qui va progressivement mieux !!! Une amélioration qui rassure tout le monde et permet aux Joyeux Pataugas plus téméraires de réintégrer le minibus et de partir pour l’assaut d’une certaine Forteresse de Monyak

Voilà donc nos Joyeux Pataugas, du moins… ce qu’il en reste après l’écrémage volontaire, repartis à bord du fidèle minibus de Borislov. Et selon les informations transmises par Georgi, aussitôt traduites par sœur Ralitsa, le point de départ de cette randonnée ascensionnelle est à environ une quinzaine de minutes, aux abords de la commune de Shiroko pole.

C’est au bout d’un chemin carrossable que le minibus stoppe.

Et c’est parti, mon kiki, pour nos Joyeux Pataugas, tous derrière Georgi, chef de file de cette nouvelle expédition.

L’objectif du jour se nomme Moniak, une ancienne forteresse perchée à 586 mètres d’altitude, bâtie au Moyen Âge pour contrôler le stratégique col de Zhelezni Vrata, passage incontournable des Rhodopes orientales.

Dit comme cela, cela paraît presque raisonnable.

Dans la réalité : ça grimpe ! ! ! Ça grimpe même sérieusement… et en plus çà tape ! ! !Le genre de pente qui oblige les mollets à vraiment pousser. Le plus déconcertant reste que chaque fois qu’un Joyeux Pataugas lève les yeux pour tenter d’apercevoir cette fameuse forteresse… il ne voit absolument rien … sinon que cela ne cesse de monter ! Et si les jambes travaillent en heures supplémentaires, le soleil, lui, tape sans le moindre scrupule sur les casquettes « Info Point », qui en fait, deviennent chèrement acquises.

Mais quel décor !

À chaque lacet, Les Rhodopes offrent de nouveaux panoramas, entre montagnes boisées, vallons verdoyants et vastes nappes d’eau scintillant sous la lumière d’avril.

Puis survient une bifurcation. Un chemin encore plus pierreux qui semble avoir été dessiné pour un troupeau de chèvres, sans chevrier. Georgi prévient aussitôt : ce sera plus ardu.

Lyne observe le terrain. Le terrain observe Lyne.

Après quelques secondes, la décision tombe. D’un commun accord, elle jette l’éponge et lui acquiesce ! ! ! Pascal, en concubin fidèle, décide naturellement de rester à ses côtés. Une pause bien méritée à l’ombre est annoncée. Le reste appartient à leur jardin secret. Encore que batifoler dans Les Rhodopes est une expérience touristique encore absente des guides de voyage ? ? ?

Pendant ce temps, le reste de la troupe poursuit son ascension.

Et toujours pas de forteresse.

Mais soudain… Une vieille tour en ruine surgit entre les arbres. Puis quelques pans de murs. Et d’autres encore. Le mystère s’éclaircit enfin.

Oui, cette puissante Forteresse de Moniak, qui surveillait jadis toute la vallée n’est plus aujourd’hui qu’un tas de murailles éventrées, de pierres éparpillées et de tours que plusieurs siècles ont sérieusement malmenées.

Mais quelle récompense ont malgré tout, nos Joyeux Pataugas, au bout de cette rude grimpette ! ! !

Depuis les hauteurs, leurs regards embrassent l’immense réservoir de Studen Kladenets dont les eaux bleutées s’étalent et serpentent entre les collines des Rhodopes.

Le silence s’installe presque naturellement. Et nos Joyeux Pataugas s’assoient, respirent, contemplent et profitent ! ! !

Encore une fois, la Bulgarie vient de rappeler qu’elle cache bien des trésors à ceux qui veulent grimper un peu. Puis arrive l’instant où tout ce qui est monté doit être redescendu. Et, comme souvent, même si nos Joyeux Pataugas gardent un œil ouvert et un pied assuré sur ce sentier caillouteux, la pente joue cette fois dans leur camp et les kilomètres défilent facilement.

Très vite, le minibus réapparaît.

Lyne et Pascal sont là et affichent des mines particulièrement reposées… presque trop reposées. Mais… n’allons pas imaginer n’importe quoi. Ou alors juste un tout petit peu.

Bogoslov remet le contact : direction le Caesar 2 Hotel pour une douche réparatrice.

Lorsque vient l’heure du dîner, une nouvelle surprise attend Les Joyeux Pataugas.

Cap sur… le Bosphore !

Rassurez-vous immédiatement, amis lecteurs et que Caroline cesse de bondir : Bogoslov n’a nullement l’intention de conduire nos Joyeux Pataugas jusqu’au mythique détroit reliant la mer Noire à la mer de Marmara et séparant l’Europe de l’Asie. Même si Les Joyeux Pataugas ont pris goût à jouer les globes-trotters, un aller-retour jusqu’à Istanbul est un brin ambitieux.

Non, ce soir, le Bosphore est un restaurant turc, qui se trouve tout simplement boulevard 49 à Kardzhali. Nettement moins loin ! ! !

Au Bosphore…

Mais où…

…arrive en fin de repas un coup de théâtre ! ! ! Georgi offre à Estelle un pot de yaourt bulgare. Lui qui parle si peu vient de faire la plus belle déclaration du séjour. Et chez Les Joyeux Pataugas, une certitude s’installe : il y a quelque chose qui fermente… et ce n’est pas seulement le yaourt ❤️🥄🥛💕.

Franck


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Jour 8 – Sofia

Pour ceux qui ont connu les années 70, impossible, ce lundi matin, au réveil des Joyeux Pataugas au Caesar 2 Hotel, de ne pas entendre résonner quelque part dans les Rhodopes la voix d’Esther Galil, et son succès « Le jour se lève » ! ! ! Mais si nos Joyeux Pataugas n’ont pas sauté du lit à cinq heures du matin, cette fois, le jour qui se lève à Kardzhali a son importance.

Une énorme importance même.

C’est aujourd’hui que Les Joyeux Pataugas quittent les Rodhopes et la Bulgarie !!! Et ce soir… c’est le retour en France ! ! ! La patrie ! ! !

Mais avant, Sofia les attend.

Le réveil est donc pour nos Joyeux Pataugas un mélange subtil de nostalgie naissante et d’impatience.

Mais pour l’instant, place au petit-déjeuner. Et là… ! ! ! Comment vous dire… ? ? ?

Nos Joyeux Pataugas découvrent encore un nouveau concept hôtelier. Après l’épisode légendaire du « pas de petit-déjeuner du tout » au Skyler Guest House… à Plovdiv et après les fastes presque royaux du Castle Complex de Pamporovo : voici désormais le petit-déjeuner version… « Pâturage des Rhodopes ».

Une salle de réunion, quelques tasses alignées devant une machine à café, et surtout… sur les tables : du vert ! ! ! Partout du vert. Des concombres. De la salade. Encore de la salade. Des tomates. Des herbes.

En un mot, un p’tit dej pour une convention de végétariens militants.

Même pas un mini-croissant « pamporovien » ! ! !

Pourtant, les brochures touristiques vantent avec enthousiasme les petits-déjeuners bulgares : banitsa croustillante au fromage, mekitsi dorés, milinki moelleux, yaourt bulgare légendaire, gevrek au sésame, saucisses épicées, confitures maison et autres merveilles capables, paraît-il, de conquérir tous les sentiers du monde avant midi.

Manifestement, ce matin, les sentiers du monde, ils peuvent dormir tranquille ! ! ! Et comme par hasard, nos Joyeux Pataugas ne randonnent pas ce matin ! ! !

Votre narrateur, dont le petit-déjeuner constitue une institution sacrée, est totalement dubitatif devant cette salle et le contenu des assiettes. Un instant de réflexion, puis il tourne les talons, officiellement, solennellement et historiquement. Et décrète une grève du petit-déjeuner, laissant les autres Joyeux Pataugas picorer leur ration chlorophyllée. Après tout, les lapins sont très heureux ainsi. En outre, il faut bien puiser des forces, quelque part ! ! !

Car la route vers Sofia va être longue.

Très longue même.

Un peu plus de trois heures de route sont nécessaires pour rejoindre Sofia.

Un dernier grand voyage avec Bogoslov au volant et Georgi en copilote.

Trois heures durant lesquelles les paysages bulgares défilent une dernière fois derrière les vitres du minibus.

Puis, au bout de x kilomètres, apparaît Sofia, antique cité, fondée il y a plus de deux mille ans sous le nom de Serdica par les Thraces. Elle est convoitée ensuite par les Romains, les Byzantins, les Bulgares, les Ottomans et bien d’autres encore. Sofia a vu passer bien des conquérants !!! Imaginez bien, que ce ne sont pas 14 Joyeux Pataugas herbivores, non, 13, qui vont l’impressionner ! ! !

Bogoslov stoppe le minibus au cœur de la ville juste devant la majestueuse cathédrale Saint-Alexandre-Nevski.

Et quelle cathédrale ! Avec ses coupoles dorées qui scintillent sous le soleil bulgare, elle domine fièrement la capitale.

La cathédrale Saint-Alexandre-Nevski

Construite entre 1882 et 1912, elle rend hommage aux soldats russes tombés lors de la guerre russo-turque qui permit la libération de la Bulgarie de la domination ottomane. Avec ses dimensions impressionnantes, elle demeure aujourd’hui l’un des plus grands édifices orthodoxes des Balkans.

Normalement… c’est l’unique visite prévue… au programme. Normalement.

Les Sofiotes assistent alors au phénomène ornithologique bien connu : l’envolée de Joyeux Pataugas ! ! ! Les voilà qui investissent la cathédrale comme un lâcher de pigeons voyageurs et qui disparaissent dans toutes les directions. Certains admirent les icônes. D’autres les lustres. D’autres encore, les fresques. Bref, Les Joyeux Pataugas furettent absolument partout.

Puis, comme par miracle, tout le monde finit par se retrouver à la sortie. Photo-souvenir obligatoire devant l’édifice. Et deuxième séance photo sur la place Alexandre-Nevski devant les grandes lettres touristiques formant le mot « S O F I A ». Car mieux vaut être précautionneux lorsque les années passent et laisser quelques indices photographiques plus que parlants ! ! ! Certains souvenirs prennent parfois la poudre d’escampette plus vite que prévu. Et il serait dommage que dans quelques années certains affirment que cette photo a été prise sur le parking d’un hypermarché en Essonne.

Alors que Bogoslov est censé récupérer tranquillement son groupe au même endroit, Georgi décide une nouvelle fois de bouleverser le programme.

Et voilà Les Joyeux Pataugas embarqués dans une visite accélérée de Sofia. Version Pékin Express… mais sans élimination ! ! ! Mais avec essoufflement garanti.

Le groupe traverse les rues au pas de charge. Les têtes tournent dans tous les sens : à gauche, à droite, devant, derrière. Personne ne veut perdre une miette de Sofia.

Un premier salut rapide est adressé à l’église russe Saint-Nicolas et ses élégants bulbes dorés. À peine le temps de lever les yeux qu’il leur faut déjà repartir… La Galerie nationale des Beaux-Arts apparaît… immédiatement suivie du Palais Royal. Puis encore autre chose, puis une autre…

L’église russe Saint-Nicolas

Les Joyeux Pataugas ne savent plus très bien s’ils visitent Sofia ou s’ils participent à une épreuve de vitesse olympique de tourisme.

À droite surgit le bâtiment de la Présidence de la République. À peine le temps que nos Joyeux Pataugas admirent sa façade que le groupe se retrouve bloqué devant un feu rouge, nez à nez face à l‘Assemblée nationale bulgare ! ! !

Mais béni soit ce temps de repos ! ! ! Nos Joyeux Pataugas reprennent enfin leur souffle, vérifient la présence de chacun et, au cas où, sont prêts à prévenir Caroline en cas de perte de maman ! ! !

Le feu se met au vert et les voilà repartis ! ! !

Les vestiges de l’antique Serdica défilent sous leurs yeux. Deux mille ans d’histoire observés en quelques secondes, alors qu’au loin apparaît la silhouette de la mosquée Bania Bachi, héritage de plusieurs siècles de présence ottomane.

Quant un klaxon retentit ! ! !

Bogoslov est là. Mission récupération réussie.

Les Joyeux Pataugas remontent dans le minibus une dernière fois : direction l’aéroport.

Cette fois, c’est la fin.

Les Rodhopes, les monastères, les forteresses, les pique-niques improbables, les tempêtes de neige, les 4×4 de l’Œil de l’Aigle, le yaourt bulgare entremetteur , les hôtels sans vrais p’tits déj, les serveurs charmeurs et les kilomètres de sentiers rejoignent doucement le grand livre des souvenirs.

Bye bye La Bulgarie.

Merci Bogoslov.

Merci Georgi.

Merci à « INFO POINT »

Merci Sœur Ralitsa ! ! !

Le voyage touche à sa fin… et que Caroline se rassure : Maman est dans l’avion ! ! !

Franck

Publié par lesjoyeuxpataugas

Groupe de Randonnée basé sur l'Essonne et la Seine et Marne

4 commentaires sur « Les Joyeux Pataugas au goût bulgare… »

  1. Un grand merci pour ce beau résumé de nos 5 premières journées, et pour finir ce clip qui pourrait devenir la chanson des Pataugas

  2. Vivre cette aventure, c’était vraiment génial. Mais savoir la décrire aussi bien pour pouvoir revivre ces souvenirs, ça n’a pas de prix !

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