
Des Gorges de Franchard à la Mare aux Pigeons – 11 km – 77300 Fontainebleau
Enfin… c’est parti, il s’en est fallu de peu que la saison 2026/2027 ne commence par une innovation majeure : la randonnée sans accompagnatrice. Une première mondiale, probablement.
Surtout que pour cette rentrée, l’accompagnatrice a choisi de renouer avec un des terrains de jeu favoris des Joyeux Pataugas : le massif de Fontainebleau, ses sentiers, ses racines, ses blocs de grès, ses dénivelés, ses petits pièges sous les semelles et tout ce qui fait le bonheur du randonneur…
Mais Fontainebleau sort d’un été particulièrement éprouvant.

Le 12 juillet dernier, son massif forestier a été frappé par des incendies d’une ampleur exceptionnelle. En quelques jours, près de 2 000 hectares, soit environ 10 % du massif forestier, ont été parcourus par les flammes. La sécheresse, la chaleur et des conditions particulièrement propices à la propagation du feu ont transformé certains secteurs en véritable brasier. La forêt a même été entièrement fermée au public avant une réouverture progressive à partir du 22 août.
Et au 29 août seulement, après plusieurs semaines de surveillance et l’intervention acharnée des pompiers, les incendies ont enfin été officiellement considérés comme éteints.
Un incendie qui marquera l’histoire contemporaine de la forêt de Fontainebleau, toute une génération de forestiers, d’admirateurs et un territoire entier.
Et justement, en ce dimanche 6 septembre, Les Joyeux Pataugas revenaient lui rendre visite. Avec délicatesse, respect… et avouons-le, avec amour aussi ! ! !
Après, pour commencer cette nouvelle saison, il fallait d’abord réussir une formalité élémentaire : trouver le point de départ. Chose faite pour la plupart des participants, sauf une : Ralitsa, l’accompagnatrice ! ! !
Comment vous expliquer, les choses sont quelque peu compliquées.
L’accompagnatrice du jour, notre Bulgare nationale, Ralitsa, pourtant censée connaître les lieux puisque, normalement, elle les a reconnus, s’est retrouvée confrontée à un adversaire redoutable : son téléphone. Et donc dans l’impossibilité de retrouver le parking du lieu de départ ! ! !
Ce qui, convenons-en, pose quand même quelques questions.
Une semaine auparavant, ou quelques jours avant, Ralitsa avait trouvé le départ.
Quelques jours plus tard, donc ce dimanche, disparition totale de l’information.
Amnésie précoce ? Effets secondaires d’un samedi soir tardif et particulièrement arrosé ? Concert charnel épuisant en ré majeur ? Petite fumette matinale destinée à entrer en communion avec les esprits de la forêt ?
Allez savoir ? ? ?
Toujours est-il que notre accompagnatrice en est même arrivée à demander son chemin à des motards. Mais à quels motards ? Ceux de la gendarmerie, ou les autres ?Sincèrement, mieux vaut éviter de lui poser la question ! ! !
Et c’est donc à 9 h 40 que l’accompagnatrice du jour daigne enfin montrer son minois au point de départ.
Surtout qu’entre-temps, même Fabrice, un petit nouveau du jour, bien sûr, adepte de Waze plutôt que de Google Maps, a réussi à se tromper de parking… mais à arriver avant Ralitsa.
Surtout, que pas moins de cinq nouveaux minois ont fait le déplacement : les sœurettes Arise et Mylène, Agnès, Véronique et déjà cité, Fabrice, l’officiel de la confrérie des adorateurs de Waze.
Soyons honnêtes, heureusement qu’ils étaient là !
Parce que les anciens, les grognards, les fidèles, ceux qui ont connu les départs à l’heure, les départs en retard, les départs sous la pluie, les départs sans pluie, etc., avaient visiblement décidé de prolonger les vacances.
On se demande d’ailleurs ce qu’ils pouvaient bien fabriquer sous d’autres cieux.
Une chose est certaine : il va falloir se bouger le popotin, les vacances sont terminées !
Et voilà donc notre première statistique officielle de la saison : cinq nouveaux pour cinq anciens.
Dix marcheurs.
La parité parfaite.
Et surtout, preuve irréfutable qu’un Joyeux Pataugas sait compter.
Enfin… au moins jusqu’à dix.
Au programme, une petite boucle d’environ 10 à 11 kilomètres, selon les applications, les montres connectées, les satellites… On ne cite pas bien sûr le téléphone de Ralitsa, même si c’est lui qui va mener tout le monde ! ! ! Mais « chuuut », mieux vaut également, ne pas le clamer sur les toits ! ! !
Une chose était certaine : la Route Ronde, par laquelle sont arrivés les participants, ne sera pas franchie. De l’autre côté, non seulement le passage est interdit, mais surtout le paysage a subi, comme vous le savez, les conséquences du terrible incendie de juillet.
Le massif porte encore les stigmates du feu. Certains secteurs demeurent interdits afin d’assurer la sécurité des visiteurs et de préserver les espaces fragilisés ; les racines brûlées peuvent déstabiliser les arbres et provoquer des chutes longtemps après le passage des flammes.
Et c’est parti !
Première mise en jambes : une petite descente d’escalier. Histoire de chauffer les mollets. Parce qu’un bon accompagnateur ne commence jamais brutalement. Et Ralitsa, malgré ses égarements, est une bonne accompagnatrice ! ! !
Première étape : la mare aux Pigeons, l’une des nombreuses mares visitées qui ponctuent la forêt bellifontaine.
Un peu d’eau, un peu de verdure, un peu de fraîcheur…
Bref, tout ce qu’il faut pour donner l’illusion que la suite sera tranquille.
Erreur ! ! !
Par la Route de Tavannes, la petite troupe rejoint ensuite le sentier de découverte Arbo&sens, créé en 1973.

Un espace clôturé d’une vingtaine d’hectares, installé au cœur de la forêt et conçu pour favoriser le ressourcement, le bien-être physique et psychologique, en éveillant plusieurs sens : l’ouïe, le toucher, la vue et l’odorat.
C’est du moins ce que vante la « brochure ».
Parce que chez Les Joyeux Pataugas, le bien-être physique et psychologique est une notion assez élastique.
Le physique, éventuellement.
Le psychologique, on verra après quelques kilomètres.
Quant aux sens, ils sont toujours très sollicités… mais seulement au moment du pique-nique ! ! !
Au Carrefour du Coursier, bifurcation à droite. Et là, ou plutôt, après un virage à gauche, changement d’ambiance : Les Joyeux Pataugas s’engagent sur un sentier bleu, le nᵒ 7. Exit le côté spirituel, la randonnée cède progressivement à quelque chose de beaucoup plus concret : la difficulté. Du moins, pour Les Joyeux Pataugas ! ! !
Ah ! Les sentiers bleus de Fontainebleau…
Dénécourt, Colinet… Des noms qui ne sont plus tout à fait inconnus.
Et pour les cinq nouvelles têtes du jour, il y a là une excellente occasion de découvrir ce que Fontainebleau appelle pudiquement un sentier. Parce qu’un sentier bleu, ce n’est pas exactement un chemin de promenade. C’est plutôt une négociation permanente entre vos chaussures, les racines, les blocs de grès, votre équilibre et votre motivation.
Ralitsa a-t-elle expliqué tout cela aux nouveaux ?
Mystère.
Soit elle s’est tue, soit ils n’ont pas assez tendu l’oreille ! ! !
Mais qu’on ne vienne pas dire qu’elle parle trop doucement !
Allez vous s’asseoir sur son fameux banc-piano et taper un petit mi à la place du ré demandé. Vous allez vite savoir si sa voix est petite ! ! !
Bref, avec cette incursion bleutée, la randonnée change de rythme.
Sur cette sente plus escarpée, les p’tits petons de nos Joyeux Pataugas doivent désormais faire preuve d’assurance et surtout de précision, entre racines tortueuses, fougères à l’agonie et blocs de grès.

Un petit clin d’œil à l’Antre des Druides, et voilà la troupe de retour sur un terrain un peu plus confortable avec la Route des Gorges de Franchard. Dans la difficulté, mieux vaut parfois avancer pianissimo.
Route Fabre, Route des Semis… rien à signaler.
Même la Route Saint-Mégrin se négocie sans difficulté.
La Route du Loup ? Vu les têtes des Joyeux Pataugas présents, tous ont dû, probablement, déjà voir le loup.
Et puis arrive la Route de l’Isatis. Et là, du moins, au bout de cette route, retour sur le sentier bleu nᵒ 7. Et avec lui, retour du chaos rocheux de La Cuisinière et de son point de vue.
Les popotins vont donc de nouveau trimer, les jambes travailler et les chaussures grincer. Et les blocs de grès vont, comme toujours, observer tout cela avec l’indifférence minérale qui les caractérise.
Surtout que voilà maintenant nos Joyeux Pataugas sur la Route du Carnage.
Rien que le nom est rassurant.
On imagine immédiatement une hécatombe, des chaussures abandonnées, quelques genoux meurtris et Ralitsa comptant les survivants.
Mais non.
Absolument rien à déplorer.
Aucune perte humaine.
Pas même une semelle.
Mieux encore, cette route permet à nos marcheurs de s’extirper du sentier bleu n° 7 et de retrouver une allure plus nonchalante.
Après les rochers, les racines et les acrobaties pédestres, il est temps de rendre aux articulations leur dignité.
Et puis apparaît la Route de l’Ermitage.

Ah ! ! ! Ça sent la fin.
Les organismes tiennent encore debout, les chaussures sont toujours aux pieds, personne n’a officiellement demandé l’évacuation et surtout, le groupe est au complet.
Pour cette première de la saison, c’est déjà une belle victoire.
Dernière étape : l’Œil des Nations.

Le moment idéal pour immortaliser cette rentrée. Une photo de groupe, histoire de prouver aux absents qu’ils auraient mieux fait de venir.
Et puis chacun regagne sa tuture.
Pas de pique-nique aujourd’hui.
Comme quoi, tous les dimanches ne se ressemblent pas.
Mais une chose est certaine : pour une première sortie de la saison, Les Joyeux Pataugas ont retrouvé Fontainebleau, sa forêt, ses grès, ses sentiers, ses racines, ses escaliers, ses petites vacheries topographiques…
Et surtout, ils ont retrouvé ce qui fait leur charme : la capacité à partir en retard, à se tromper de parking, à chercher son chemin, à râler intérieurement, à grimper sur des cailloux et malgré tout à finir ensemble.
Finalement, la saison 2026/2027 est bien lancée.
Et puisque tout le monde a survécu à cette première… à dimanche prochain, et de nouveau en forêt bellifontaine !
Franck

